16 octobre 2026 · Geosapiens

Nous sommes fiers d’annoncer que de nouveaux travaux de recherche menés par Chiranjib Chaudhuri, directeur de la recherche chez Geosapiens, ont été acceptés et publiés dans Coastal Engineering, l’une des principales revues scientifiques à comité de lecture du domaine.
L’article, intitulé « A global coastal flood depth model using friction-attenuated water surface elevation propagation on high-resolution terrain », présente un modèle qui cartographie l’aléa d’inondation à une résolution de 30 m pour 18 périodes de retour. Il offre, à l’échelle véritablement mondiale, un niveau de détail habituellement réservé aux études locales, tout en maintenant des temps de calcul raisonnables.
Le modèle part du littoral et propage l’eau vers l’intérieur des terres, cellule par cellule. Son forçage côtier combine les périodes de retour des surcotes météorologiques (skew surge) et la plus haute mer astronomique (PHMA) issue de FES2022b.
À mesure que l’eau s’étend, l’élévation de la surface de l’eau diminue en raison des pertes par frottement, qui dépendent du relief et de l’occupation du sol traversés. L’équipe associe l’atténuation par frottement de Manning à l’algorithme du plus court chemin de Dijkstra afin de simuler la propagation des inondations sur 7 416 tuiles de terrain à travers le monde.
L’approche est conçue pour passer à l’échelle. Cinq itérations mondiales complètes s’exécutent en 4,6 heures sur 70 processus parallèles, ce qui rend possible une cartographie détaillée et multiscénario des inondations pour l’ensemble de la planète.
Une forte concordance avec les cartes officielles. Comparé à neuf cartes d’inondation gouvernementales, le modèle atteint un indice de succès critique (Critical Success Index) moyen de 0,60 (médiane de 0,56). L’analyse montre aussi où il se trompe : il tend à surestimer les inondations dans les estuaires peu profonds et à les sous-estimer dans les vastes marais à faible relief.
Une exposition très concentrée. Une analyse mondiale de l’exposition a recensé environ 7,75 millions d’empreintes de bâtiments situées dans les zones inondables modélisées pour la crue centennale. À eux seuls, six grands bassins côtiers représentent environ 76 % de ce total.
Des classements qui évoluent avec la rareté des événements. L’exposition n’augmente pas au même rythme partout. Une région qui semble moins exposée lors d’événements fréquents peut le devenir davantage lors d’événements plus rares : les classements régionaux varient donc selon la période de retour.
« Selon moi, cela démontre bien qu’on ne peut pas se fier à une seule carte de crue centennale pour évaluer le risque d’inondation côtière. » — Chiranjib Chaudhuri
Ces travaux visent à soutenir l’évaluation du risque d’inondation, la modélisation des catastrophes et l’adaptation aux changements climatiques. Grâce à des cartes d’aléa cohérentes sur 18 périodes de retour, les assureurs, les prêteurs, les gouvernements et les urbanistes peuvent repérer les zones d’exposition critiques, analyser leurs portefeuilles et déterminer où les études locales détaillées sont les plus nécessaires.
Les résultats constituent des estimations de dépistage à l’échelle régionale, et non des prévisions de dommages pour des bâtiments individuels. Leur valeur réside dans leur capacité à indiquer où regarder en priorité, et comment ce portrait évolue à mesure que les événements deviennent plus extrêmes.
Félicitations à Chiranjib et à ses coauteurs, Duy Anh Alexandre et Jasmin Gill-Fortin, pour cette publication. Chiranjib tient à souligner leurs contributions, leurs échanges stimulants et leur collaboration tout au long du projet.
Lire l’article complet dans Coastal Engineering
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